Matthias Borchers
· 10.12.2023
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Le scénario du duel entre les deux nouveaux phares haut de gamme de Lupine et Supernova s'annonce passionnant. Les deux fabricants allemands, situés respectivement à Gundelfingen près de Fribourg et à Neumarkt dans le Haut-Palatinat, ont chacun consacré un peu plus de deux ans au développement, de la première esquisse au projecteur de série fini, et les deux candidats font étalage de leurs performances : le projecteur originaire du Haut-Palatinat se veut, au regard de sa puissance lumineuse, le projecteur à batterie le plus compact du marché. Les fabricants de Gundelfingen ripostent en présentant le premier projecteur à dynamo doté d’un faisceau de route. Les deux projecteurs intègrent une technologie LED de pointe ; leur principale différence réside dans leur mode d’alimentation.
Qu'est-ce qui est mieux ? L'énergie flexible, mais limitée, d'une batterie, ou la « source d'énergie bio » de la dynamo, dont le flux lumineux ne s'épuise pas tant que les jambes tournent ? Des générations de cyclistes se posent déjà cette question, et la réponse n’est pas plus simple aujourd’hui qu’il y a quelques années, car ces deux sources d’énergie présentent chacune leurs avantages et leurs inconvénients. La batterie est compacte et peut être utilisée de manière flexible sur plusieurs vélos de son propre parc. Son inconvénient : aucun accumulateur ne dure éternellement, et plus il est sollicité, c’est-à-dire plus le phare exige de puissance, plus vite il se décharge et plus vite l’obscurité s’installe.
La faiblesse de la batterie est la force de la dynamo. Elle fournit un courant constant tant que la roue avant tourne, et son fonctionnement est fiable grâce à sa conception encapsulée. Le fait qu’une roue équipée d’une dynamo pèse plus lourd et nécessite davantage de travail de montage constitue-t-il un inconvénient ? Les roues prêtes à l’emploi équipées de dynamos éprouvées, par exemple celles de Shimano, coûtent à partir de 150 euros chez les revendeurs spécialisés en ligne, soit seulement quelques euros de plus qu’une mise à niveau vers une batterie Lupine.
L'argument selon lequel les phares les plus puissants ne peuvent être alimentés que par des batteries performantes, car les dynamos ne produisent pas suffisamment de watts, est contredit par les progrès réalisés dans le domaine de l'électronique de commande et par la baisse de la consommation électrique des LED modernes. Supernova promet que presque toutes les dynamos standard d’une tension de six volts et d’une puissance de trois watts suffisent comme source d’alimentation pour le nouveau phare à dynamo, y compris le faisceau de route. Les dynamos trop faibles sont répertoriées sur le site web.
Ce qui unit ces deux candidats, c'est l'important investissement en temps de conception et en argent qu'ils ont chacun consacré à leur projet. David Gedanitz, directeur marketing et responsable commercial chez Supernova, ne souhaite pas dévoiler le montant en euros que la conception et la fabrication des outils du M99 DY Pro ont coûté. Il souligne toutefois qu’une équipe nombreuse a mis environ deux ans, de la première esquisse au projecteur de série emballé. Le Dr Wolf-Dieter Koch, directeur général de Lupine, fait état d’un investissement similaire en temps et en main-d’œuvre et cite un chiffre précis : les outillages du SL MiniMax AF ont coûté 100 000 euros.
Même les passionnés de technologie ne perçoivent pas, à première vue, tout ce travail derrière les lampes de poche haut de gamme, comme les deux modèles testés de Lupine et Supernova. Cela tient notamment au fait que le logiciel de commande, bien qu’il soit l’un des composants les plus complexes et les plus coûteux du produit, fonctionne en arrière-plan. La régulation précise de la gestion de la lumière et du flux électrique nécessite un travail considérable. Et avant que les projecteurs ne puissent être utilisés sur la voie publique, ils doivent obtenir l’homologation officielle, délivrée en l’occurrence par l’Office fédéral des véhicules à moteur (KBA) à Flensburg ; c’est en effet le seul organisme habilité à délivrer le numéro d’homologation K spécifique au modèle et, par là même, l’homologation conformément au Code allemand d’homologation des véhicules routiers (StVZO).
On remarque en revanche la finition impeccable des deux projecteurs, qui offrent également une expérience tactile agréable. Ils sont tous deux dotés d'un boîtier en aluminium fraisé haute résistance, anodisé noir. Cela leur confère un aspect élégant tout en assurant un refroidissement efficace, qui fonctionne donc mieux que sur les projecteurs bon marché dotés d'un boîtier en plastique. Les facettes individuelles des réflecteurs sont fascinantes. Sur le modèle Lupine, on en compte 59, réparties sur deux plans parallèles, distincts pour les feux de croisement et les feux de route. Sur le modèle Supernova, le réflecteur ressemble à une miniature des gradins d’un amphithéâtre comportant 99 petites loges, dont les 99 facettes se reflètent dans le nom du modèle.
Après avoir trouvé un parcours d'essai peu fréquenté et suffisamment sombre dans la forêt municipale de Munich, le Perlacher Forst, les deux concurrents ont enfin pu se livrer à une course à la luminosité. Nous avions également emporté quatre autres phares moins chers, plutôt conçus pour des trajets nocturnes occasionnels et ne coûtant guère plus de 100 euros. Nous avions déjà testé les trois modèles GVolt 100 de Cateye, Aura 100 de Sigma et LS 760 I-GO Vision de Trelock lors de notre dernier test de kits d’éclairage dans TOUR 10/2022 À cette occasion, le tout dernier projecteur routier Super StVZO 600 + de Lezyne a fait ses preuves pour la première fois, surpassant de loin tous les concurrents dans la catégorie « autonomie d'éclairage ».
Lors de l'épreuve décisive, les quatre projecteurs « Economy » n'ont toutefois pas pu rivaliser avec les projecteurs puissants de Lupine et Supernova.
Les faisceaux lumineux homogènes et puissants que ces phares haut de gamme projettent dans l’obscurité donnent vraiment envie de partir en balade nocturne, que ce soit sur l’asphalte ou sur des chemins de gravier. Cela mérite des applaudissements, même si le Supernova, alimenté par une dynamo, éclaire certes la route d’un tout petit peu moins, mais en revanche brille éternellement – ou pourrait briller éternellement.
Attention, piège ! À la nuit tombée, la réponse à la question de savoir quel phare rend la conduite nocturne en vélo de course plus agréable et plus sûre est sans équivoque : les passionnés de vélo de nuit ne devraient pas lésiner sur le choix de leur éclairage et devraient investir quelques euros de plus. D'autant plus que la différence de luminosité entre le Lupine en mode plein faisceau (en bas à gauche) et le Cateye à pleine puissance, à 30 km/h, est en réalité encore plus impressionnante qu'on ne le voit sur les photos.
Si vous aimez rouler de nuit – et pas seulement en hiver – et que vous souhaitez équiper votre vélo de course ou votre vélo de gravel d’un éclairage vraiment performant, vous trouverez des modèles adaptés chez des fabricants tels que Lupine ou Supernova. Le nouveau phare à batterie compact SL MiniMax AF et le premier phare à dynamo avec mode « full beam » M99 DY Pro sont des produits haut de gamme pour leurs utilisations respectives. Pour ceux qui souhaitent investir moins, les modèles abordables de Lezyne, Sigma et Trelock sont à recommander.
Grâce à son réflecteur orientable, le phare peut être monté au-dessus ou en dessous du guidon ; à pleine charge, il chauffe rapidement et nécessite un refroidissement adapté ; l'indicateur situé sur le pressostat donne une estimation du niveau de la batterie ; longue autonomie
AVIS SUR LE CIRCUIT :
Autonomie maximale, mais sans réserve ; temps de charge supérieur à 6 heures ; indicateur avec affichage très simple du niveau de charge ; le projecteur chauffe moins que le modèle précédent et son support est réglable de manière flexible.
AVIS SUR LE CIRCUIT :
L'indicateur de charge est précis, un circuit combiné pour le feu arrière en option est intégré ; bonne autonomie ; la sangle en caoutchouc est un peu courte, le phare n'est pas orientable ; très léger, bon marché.
AVIS SUR LE CIRCUIT :
Un écran de qualité, associé à une interface simple d'utilisation : luminosité, niveau de charge avec affichage du temps restant en heures et en minutes, ainsi que l'heure ; le support, un peu encombrant, n'offre qu'une faible amplitude de pivotement.
AVIS SUR LE CIRCUIT :
Profil d'éclairage très homogène, télécommande pratique ; en mode « feux de route », l'autonomie est relativement courte ; la batterie en option, deux fois plus puissante (70 Wh), offre une autonomie deux fois plus longue, mais coûte 190 euros ; appareil compact et d'une excellente finition.
AVIS SUR LE CIRCUIT :
Phare relativement grand mais léger, finition impeccable, très bon faisceau lumineux à partir de 20 km/h ; les feux de route offrent un excellent faisceau lumineux. Le câble de la télécommande est un peu court, mais il est possible d'y brancher un feu arrière.
AVIS SUR LE CIRCUIT :
NOTE DE LA VISITE : 1,3
Nous avons évalué les phares selon cinq critères, dont les résultats sont pris en compte dans la note globale selon une pondération variable. Par rapport au test d'éclairage réalisé dans TOUR 10/2022 Nous avons évalué les candidats de toutes les catégories avec plus de rigueur, ce qui explique pourquoi les phares de conception identique de Cateye, Sigma et Trelock ont obtenu des notes légèrement inférieures.
Profil lumineux (30 %)
Le profil lumineux est déterminé par la luminosité et l'éclairement de la portion de route mesurée. Les projecteurs ont été orientés de manière à ce que leur limite clair-foncé coïncide avec le bord supérieur des pylônes situés à 30 mètres. L'évaluation porte sur l'homogénéité avec laquelle le tapis lumineux éclaire les zones proches et lointaines ainsi que le bord de la chaussée. Pour les modèles Lupine et Supernova, nous avons photographié et évalué le profil lumineux en feux de route.
Autonomie (25 %)
Avant la mesure finale de l'autonomie, toutes les batteries des projecteurs ont été complètement déchargées à deux reprises. Nous avons mesuré l'autonomie des batteries à puissance maximale. Afin d’éviter que les projecteurs ne réduisent automatiquement leur puissance en raison d’une surchauffe, les mesures ont été effectuées à l’extérieur, à une température d’environ dix degrés, avec un refroidissement supplémentaire à l’eau. L’autonomie indiquée ici se réfère au niveau maximal ; les projecteurs dotés d’une fonction d’éclairage de secours ont bénéficié d’un bonus.
Maniabilité (15 %)
Sur les projecteurs à batterie, les boutons doivent présenter un point de pression bien défini et être suffisamment grands pour pouvoir être actionnés même avec des gants à doigts longs. Nous avons également évalué la visibilité et la précision de l'indicateur de niveau de charge.
Transformation (15 %)
Nous évaluons la qualité des matériaux, les traces de moulage, la qualité des joints ainsi que l'étanchéité. Nous accordons une meilleure note aux boîtiers de phares en aluminium qu'à ceux en plastique, en raison de leur meilleure dissipation thermique.
Détenteurs (15 %)
L'évaluation porte sur les possibilités de montage ainsi que sur la solidité de la fixation au guidon ou à la potence. À ce jour, seules les marques Lupine et Supernova proposent en option des supports pratiques permettant le montage sur les guidons aérodynamiques modernes.

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