Je suis profondément choqué par les conseils que mon collègue a récemment donnés pour aborder une cycliste de course. Je ne peux pas et ne veux pas laisser passer ça. Ne serait-ce que par peur que certains hommes s'en servent dans la rue.
>> Tu te demandes de quoi il s'agit ? Tout en bas, il y a le lien vers l'article, mais il faut absolument lire celui-ci en entier. <<
Je ne sais pas ce qui a pris à mon collègue. En tant que vététiste, mais aussi en tant que cycliste de course, je ne peux que lui demander instamment de ne pas le faire ! S'il vous plaît, n'abordez pas une femme à vélo pour la draguer. Tinder est là pour ça. Cela peut encore paraître fou aux oreilles de certains hommes, mais une femme qui se déplace en pleine nature sur un vélo de course veut avant tout faire du sport ! Elle s'entraîne peut-être pour une course dont tu n'as jamais entendu parler. Peut-être fait-elle aussi la navette entre son domicile et son lieu de travail en vélo de course. Dans ce cas, elle a peut-être la prochaine réunion en tête et/ou elle est tout simplement pressée !
Il y a quelques années, un article similaire a déjà dû paraître quelque part (BIKE et TOUR ne l'étaient pas !!). Car soudain, en tant que femme sur un vélo de course, on se faisait toujours aborder selon le même schéma : le type s'approche par derrière, de préférence pendant une longue montée, et reste un moment dans ton sillage. Ce qui est déjà très énervant lorsque tu as déjà 100 kilomètres dans les jambes. Puis, tout à coup, il roule à côté de toi. Première question : "Alors, tu vas où ?".
La première fois, j'ai encore été assez stupide pour dire la vérité. Il ne faut pas être désagréable. Sa réponse : "Ah, super, j'y vais aussi !" La première fois, on ne trouve pas encore ça creepy. J'ai eu un instant l'espoir qu'il me donnerait peut-être un peu d'air sur le dernier tronçon pour rentrer chez moi. Mais j'avais tort. L'homme s'est contenté de pédaler tranquillement à côté de moi et de poser des questions toutes plus agaçantes les unes que les autres : Depuis combien de temps fais-tu du vélo ? Ah oui, ça se voit aussi à tes mollets entraînés... (aïe !). Où fais-tu du vélo en général ? (Hein ?, est-ce que je dois sérieusement énumérer tout cela dans la montée ?) J'ai envie de finir la montée, de rentrer chez moi et peut-être de penser à ce que je vais me faire à manger plus tard... ou qui d'autre je voulais appeler... je ne sais pas. Le vélo de course est aussi un sport méditatif qui permet de réfléchir tranquillement à tout ce que l'on veut, sauf bien sûr si on se fait aborder par un parfait inconnu qui nous bombarde de questions insignifiantes.
Lorsque j'ai vécu cette situation pour la troisième fois en peu de temps, avec trois types différents, j'ai compris que ce schéma de drague avait dû être recommandé quelque part. Probablement avec le conseil suivant : aborde-la de préférence pendant une longue montée, ainsi elle ne pourra pas s'éloigner.
En tant que femme abordée, c'est une situation très désagréable et oppressante, une sorte d'abandon ! Si, à la fin de la visite, tu n'as tout simplement pas la force de partir. Il n'est pas non plus possible de tourner le dos sans s'intéresser à ce qui se passe, car la route impose sa direction. Ralentir et s'arrêter n'est pas non plus une option, car un type dans cet état d'esprit ne verrait cela que comme une invitation. En même temps, tu sais que lorsqu'il te suit, il regarde sans gêne ton derrière et on ne peut pas non plus le détourner !
C'est pourquoi j'ai rapidement développé une autre stratégie pour moi : à la question d'entrée vraiment toujours la même, "Alors, où vas-tu encore ?", je ne réponds plus que brièvement : "Je suis là-haut, après la montée, chez moi". Cela aide. Parfois, il faut alors encore s'arrêter à une porte d'entrée quelconque jusqu'à ce qu'il soit parti. Puis voir quel embranchement il prend au prochain carrefour, pour ensuite continuer sa propre course dans l'autre sens. Même si cela implique de faire une boucle supplémentaire pour rentrer chez soi.
Je sais d'ailleurs de source sûre que des conseils de drague similaires ont été donnés un jour dans un magazine masculin lors des courses au supermarché. "Fais attention aux femmes qui font leurs courses tous les soirs à peu près à la même heure. A la caisse, tu reconnaîtras facilement si elle fait ses courses pour un ménage de célibataires". Rien que cela a eu pour conséquence que de plus en plus d'hommes célibataires traînaient le soir chez Edeka et n'achetaient qu'une ou deux choses.
Moi seul, je connais D R E I hommes qui ont utilisé ce stratagème pour rencontrer des femmes, et j'habite à la campagne ! L'un d'eux a fini par se démasquer lui-même : Après m'avoir abordé plusieurs fois les jours précédents, il m'a accueilli à un moment donné au rayon des fruits avec un embarrassant : "Ah, la voilà !" J'ai ensuite changé de supermarché. Le deuxième a été démasqué par le vendeur de pain : "Eh bien, monsieur, ce ne sera encore qu'un bretzel ?"! Et le troisième m'a même raconté qu'il était tombé amoureux par choc d'une femme qu'il observait toujours en cachette le soir au supermarché. Jusqu'à ce qu'à un moment donné, cette femme s'approche de lui avec énergie : "Dis-moi, tu me harcèles ?"! Je célèbre cette femme inconnue !
Chers hommes, je ne veux pas croire que vous avez besoin de tels conseils pour rencontrer une femme. Pas au supermarché, et s'il vous plaît, pas sur un vélo de course non plus. N'oubliez pas qu'une femme a compris ce genre de schéma au plus tard à la troisième fois et qu'elle trouve tout cela super agaçant. C'est pourquoi nous vous proposons ici une nouvelle version courte, spécialement destinée à tous les cyclistes :
PS : J'aime quand même bien le collègue qui a écrit l'article. Comme je l'ai dit, je ne sais pas ce qui lui a pris. En fait, c'est un type discret et très réfléchi.

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