Josh Welz
· 10.04.2026
Autrefois, on disait que plus c'était dur, mieux c'était. Mais dans le cyclisme moderne, le dogme des pneus gonflés à bloc appartient depuis longtemps à l'histoire. De Tadej Pogačar aux vététistes du week-end, ceux qui veulent aujourd'hui franchir rapidement et confortablement la ligne d'arrivée et les montagnes se dégonflent de manière contrôlée.
"La motivation est élevée, la pression est faible - aussi faible que le sera la pression de mes pneus". Avec cette phrase prononcée avant le Tour des Flandres, Tadej Pogačar, le dominateur du cyclisme sur route moderne, a résumé une tendance qui a certes commencé il y a un certain temps, mais qui se manifeste désormais de plus en plus clairement. Alors que les cyclistes amateurs continuent souvent de fouler l'asphalte avec 8 bars dans leurs pneus étroits de 23 millimètres, les professionnels du Tour de France franchissent aujourd'hui la ligne d'arrivée avec des pneus de 28 à 32 millimètres de large et 5 à 6 bars. Sur les surfaces rugueuses, comme les pavés de Paris-Roubaix, la pression descend même à des valeurs bien plus basses.
C'est le point culminant provisoire d'une évolution qui a débuté il y a environ 10 ans. Connaissant le principe physique (voir ci-dessous), on osait alors augmenter la largeur du pneu de 23 à 25 millimètres et réduire la pression d'environ 8,5 à 10 bars (selon le poids du système et la surface) à 6,5 à 7,5 bars. L'étape suivante a été franchie en 2019/2020 : 25-28 mm étaient désormais la norme et le pneu a été dégonflé d'un bar supplémentaire. Depuis environ trois ans, la largeur se stabilise entre 28 et 30 mm et la pression de gonflage entre 4 et 5,5 bars. Pour l'instant.
L'ancien préjugé était le suivant : un pneu dur se déforme moins et roule donc plus facilement. C'est vrai - mais uniquement sur une surface parfaitement lisse. La réalité sur la route est différente. La moindre irrégularité, le moindre caillou et le moindre pore d'asphalte rugueux obligent un pneu dur à soulever un minimum l'ensemble du système (vélo et cycliste). Ce mouvement vertical coûte de l'énergie.
En revanche, un pneu à faible pression fait office de suspension. Il se déforme (valse) autour de l'obstacle au lieu de passer par-dessus. La roue tourne plus doucement, les pertes d'énergie sont moindres. De plus, plus la pression diminue, plus la traction augmente : la surface de contact est plus large, l'adhérence dans les virages et au freinage est accrue.
Pour que la déformation du pneu reste comparable pour des poids différents, la pression des pneus doit être adaptée proportionnellement à la masse totale du cycliste et du vélo. La masse totale se calcule à partir du poids du vélo, du poids du cycliste et des vêtements ou de l'équipement. On peut compter environ 10 kilos pour le vélo et l'équipement. Si l'on prend comme référence un poids de 75 kilos pour le cycliste, donc un poids de 85 kilos pour le système, et une pression de 4,5 bars pour les pneus, on obtient l'exemple de calcul suivant pour savoir comment augmenter la pression des pneus lorsque le poids du système augmente :
| Conducteur | Poids du système | Pression de gonflage recommandée |
| 75 kg | 85 kg | 4,5 bar |
| 80 kg | 90 kg | env. 4,8 bar |
| 85 kg | 95 kg | env. 5,0 bar |
La norme actuelle en cyclisme de course est donc de 28 à 30 mm, et il n'est pas rare que des pneus de 32 mm soient montés. La largeur et la pression de gonflage ne dépendent toutefois pas uniquement des facteurs mentionnés ci-dessus, mais aussi de considérations tactiques.
Le gravillonnage est la discipline du compromis. Il doit rouler sur l'asphalte et ne pas manquer d'adhérence et de confort sur le terrain. Un pneu gravel typique de 40 millimètres de large est utilisé entre 2,0 et 3,0 bars.
En VTT, la recherche de la pression de gonflage optimale est encore plus complexe, car les différentes disciplines de VTT reflètent des exigences très différentes. Les largeurs de pneus varient entre 2,25 et 2,6 pouces. Sur un E-MTB, le poids du système est d'environ 10 kilos plus lourd que sur un vélo non motorisé.
La pression est individuelle. Elle dépend non seulement du poids du système, de la largeur des pneus et du type de sol ou d'utilisation, mais aussi des préférences personnelles et du style de conduite.
Règle d'or : commencer par la limite supérieure de la recommandation, puis relâcher de l'air par paliers de 0,2 bar lors d'un essai jusqu'à ce que la conduite devienne "spongieuse". Puis remonter de 0,1 à 0,2 bar - c'est ainsi que l'on trouve petit à petit son propre sweetspot.
Valeurs basées sur un poids de référence du cycliste d'environ 75 kg (poids du système d'environ 85-90 kg) et un setup tubeless. En cas d'utilisation de chambres à air, ajouter environ 0,3 à 0,5 bar.
| Vélo de course | Course professionnelle Asphalte | 28-30 mm | 4,4 / 4,8 bar |
| Vélo de course | Classique (pavés) | 30-32 mm | 3,2 / 3,6 bar |
| Vélo de course | Tout le monde / Tour | 28 mm | 5,5 / 6,0 bar |
| Gravel | Allround (terre/asphalte) | 40 mm | 2,3 / 2,6 bar |
| Gravel | Terrain technique | 45 mm | 1,9 / 2,2 bar |
| MTB | Cross-country (XC) | 2,25" | 1,5 / 1,7 bar |
| MTB | Tour / Sentiers alpins | 2,4" | 1,6 / 1,8 bar |
| MTB | Enduro / descente | 2,5" | 1,5 / 1,7 bar |
La déclaration de Tadej Pogačar illustre bien l'évolution du cyclisme : aujourd'hui, celui qui roule "dur" perd - en confort, en adhérence et finalement en temps. Cela ne vaut pas seulement pour le cyclisme professionnel sur route, mais aussi pour les autres genres de vélo, le gravel et le VTT. Mais la pression des pneus n'est pas un chiffre statique, c'est un outil dynamique qui dépend de nombreux facteurs et qui doit être conçu individuellement.

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