Analyse tactique du Tour des FlandresC'est ici que se décide la classique

Leon Weidner

 · 04.04.2026

Analyse tactique du Tour des Flandres : c'est ici que se décide la classiquePhoto : Getty Images/Dario Belingheri
Sur le Koppenberg, Tadej Pogačar a lancé l'attaque décisive - cette année, elle pourrait survenir dans une autre ascension

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Paterberg, Koppenberg, Oude Kwaremont : dans les derniers kilomètres du Tour des Flandres, la course peut basculer en quelques secondes. Quel passage décide de tout et pourquoi les favoris doivent tout risquer à cet endroit.

Le Tour des Flandres ne se décide presque jamais en un seul point, mais par une succession d'âpretés, de luttes de positions et de brefs efforts répétés au maximum. C'est précisément pour cette raison que les 50 derniers kilomètres sont si passionnants cette année : les ascensions décisives sont si rapprochées les unes des autres qu'elles ne font pas seulement mal, mais agissent aussi tactiquement comme un déclencheur de réactions en chaîne. Si l'on perd une fois le contact ou si l'on se trouve même quelques positions trop en arrière dans la montée, on peut rater le groupe décisif sans qu'il y ait ensuite une véritable chance de corriger le tir.

Les deux lourds

La combinaison du Paterberg et du Koppenberg est au centre de l'attention. Le Paterberg se trouve à 51,6 kilomètres de l'arrivée et, avec 12,9 pour cent en moyenne et jusqu'à 20,3 pour cent au maximum, il est certes court, mais idéal pour ouvrir la course. Ici, la course est souvent si dure que les derniers assistants se détachent et que certains favoris sont déjà en difficulté s'ils ne sont pas parfaitement positionnés. C'est le moment où un grand peloton se transforme en course de l'élite, car le moindre écart se paie immédiatement et le rythme reste souvent élevé après la montée.

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Quelques kilomètres plus tard seulement, le Koppenberg suit à 45,3 kilomètres de l'arrivée. Avec 11,6 pour cent en moyenne et jusqu'à 22 pour cent au maximum, c'est la plus brutale des trois montées et souvent l'endroit où une légère sélection se transforme en véritable séparation. Si l'on attaque ici ou si le rythme est maximal, il suffit de quelques secondes d'incertitude ou d'une brève baisse de régime pour être durablement distancé.

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La finale au Kwaremont et au Paterberg

Wout van Aert et Jasper Stuyven se battent pour gravir le PaterbergPhoto : Getty Images/Dario BelingheriWout van Aert et Jasper Stuyven se battent pour gravir le Paterberg

Cette combinaison peut donc déjà faire la décision, ou au moins une décision préliminaire. Soit un petit groupe se détache parce qu'il n'y a pas d'organisation derrière et que trop d'équipes n'ont plus que leur capitaine, soit une situation se crée dans laquelle, bien qu'il n'y ait pas encore de séparation définitive, le nombre de coureurs qui peuvent raisonnablement prétendre à la victoire diminue drastiquement. C'est précisément là que se trouve un levier tactique central : pour un coureur comme Tadej Pogačar, il est crucial de se débarrasser des concurrents de classiques capables de sprinter. S'il ne parvient pas à les semer, l'avantage se déplacera plutôt vers ses adversaires dans le final, car il aura tendance à avoir les plus mauvaises cartes dans le sprint final.

Il reste cependant une dernière chance pour le Slovène. La finale classique des Flandres avec Oude Kwaremont et Paterberg. La différence décisive est alors la suivante : il ne s'agit plus seulement de faire de la sélection, mais de la transformer en écart. Ce qui est particulièrement important, c'est qu'il reste encore 13,2 kilomètres entre le Paterberg et l'arrivée. C'est suffisamment long pour passer avec une longueur d'avance lorsqu'il y a une brèche en haut et que l'on s'y engage immédiatement de manière conséquente. En même temps, c'est suffisamment court pour que les poursuivants paniquent rapidement en cas de manque d'unité. Et c'est exactement ce qui se passe souvent en Flandre : si un petit groupe de poursuivants compte plusieurs coureurs capables de sprinter, tous ne sont pas motivés de la même manière pour combler l'écart sans compromis. Cette friction tactique est souvent l'alliée du soliste.

Sur le papier, le Koppenberg est la montée la plus difficile - 600 mètres de long, 11,6 pour cent en moyenne et une pente maximale de 22 pour cent, c'est vraiment quelque chose.Photo : Getty Images/Dario BelingheriSur le papier, le Koppenberg est la montée la plus difficile - 600 mètres de long, 11,6 pour cent en moyenne et une pente maximale de 22 pour cent, c'est vraiment quelque chose.

Conclusion - C'est le scénario le plus probable

En fin de compte, la course se décidera très probablement en deux temps cette année. D'abord dans la séquence Paterberg, Koppenberg et Taaienberg, qui réduit la course à un point tel qu'il ne reste plus qu'un petit groupe ou qu'une attaque passe. Et si aucune décision finale n'y est prise, ce sera au plus tard lors du duel final sur l'Oude Kwaremont et le dernier Paterberg, à partir duquel les 13,2 kilomètres jusqu'à l'arrivée offrent exactement la distance nécessaire pour éviter un sprint. Pour les coureurs qui ne veulent pas miser sur le sprint le plus rapide à l'arrivée, le message est clair : en Flandre, on ne gagne généralement pas la course dans les derniers mètres, mais là où la concurrence ne peut vraiment plus suivre pour la première fois.

Leon Weidner

Working student

Leon Philip Weidner is from Cologne, follows professional cycling closely and is a passionate road cyclist himself. In addition to long kilometres in the saddle of a road bike, he also regularly rides a time trial bike - always with his eye on the next triathlon. His expertise combines sporting practice with knowledge of the scene.

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