DPA
· 03.02.2023
Ils se sont battus en duel dès l'adolescence, sont sans doute les plus grands touche-à-tout de l'histoire du cyclisme et font passer leurs concurrents pour des figurants pitoyables dans leurs duels.
Lorsque la saison de cyclo-cross atteindra son apogée dimanche devant plus de 50 000 fans à Hoogerheide, aux Pays-Bas, avec les championnats du monde de cyclo-cross, il n'y aura qu'une seule question à résoudre : Wout van Aert ou Mathieu van der Poel ? Deux ans après la course passionnante sur la plage d'Ostende, le Belge et le Néerlandais se disputeront à nouveau le maillot arc-en-ciel de champion du monde de cyclocross au Brabantse Wal.
Vendredi 3 février Relais par équipe (à partir de 12h30)
Samedi 4 février Championnat du monde junior féminin (11:00-12:00 chez discovery+)
Samedi 4 février Hommes U23 (13:00-14:15 à discovery+)
Samedi 4 février Femmes Elite (14h45-16h10 sur discovery+ & sur Eurosport 2)
Dimanche 5 février Hommes Juniors (11:00-12:00 chez discovery+)
Dimanche 5 février Femmes U23 (13:00-14:10 à discovery+)
Dimanche 5 février Hommes Elite (14h45-16h15 sur discovery+ & Eurosport 2)
"Je n'ai pas vraiment besoin du maillot de champion du monde. Mais ce serait excitant de le porter à nouveau. Cela fait déjà un moment", déclare van Aert. Cet hiver, le coureur de 28 ans part légèrement favori dans le duel du championnat du monde de cyclo-cross avec son rival du même âge. En 13 courses, van Aert a remporté neuf victoires et n'a jamais fait moins bien que deuxième. Van der Poel a couru une course de plus et est monté douze fois sur le podium, mais il n'y a eu que six victoires. De plus, le Néerlandais est régulièrement retardé par des problèmes de dos depuis sa chute monumentale lors de la course de VTT des Jeux olympiques de Tokyo. "Mes chances sont de 50/50, Wout a été beaucoup plus souvent devant cette saison", estime van der Poel.
Van der Poel a également une relation très spéciale avec Hoogerheide et le championnat du monde de cyclo-cross. C'est le lieu de naissance de son père, Adrie, et la course porte même le nom de celui qui fut un très bon crossman. Et pour pousser les choses à l'extrême, Adrie van der Poel a même planifié et tracé le parcours des championnats du monde. Avantage pour le junior ? "Non, ça ne marcherait pas", assure papa van der Poel.
La particularité du duel entre van Aert et van der Poel en cyclo-cross est qu'il se déroule pratiquement toute l'année. Alors que le vainqueur du Tour Jonas Vingegaard subordonne son planning au Tour de France en été ou que le spécialiste des classiques John Degenkolb considère l'enfer des pavés de Paris-Roubaix comme son point culminant, van Aert et van der Poel ne s'accordent pratiquement aucune pause. Ils comptent parmi les candidats à la victoire dans les classiques de printemps, tout comme dans de nombreuses étapes du Tour de France.
Et en hiver, on continue, comme maintenant lors des championnats du monde de cyclo-cross à Hoogerheide. Un peu comme un exercice de détente. "Ce sont les seules courses de l'année où l'on n'attend rien de moi. En hiver, je passe un moment formidable", déclare van Aert. Sur les parcours boueux, où l'on roule toujours pendant une heure à la fréquence cardiaque maximale, van Aert est un esprit libre. Sur la route, il se met souvent au service de son équipe Jumbo-Visma - et a malgré tout réussi l'exploit presque absurde de remporter un contre-la-montre, une étape de sprint et une section en haute montagne lors du Tour de France.
Le rôle de van der Poel est différent. Il est la star incontestée de son équipe, tout tourne autour du double vainqueur du Tour des Flandres. Mais ces duels avec van Aert sont aussi pour le Néerlandais né en Belgique le sel de la soupe, la motivation supplémentaire. Il y a onze ans, alors qu'ils n'avaient que 17 ans, ils se sont affrontés pour la première fois à Koksijde pour le maillot de champion du monde de cross. A l'époque, c'est van der Poel qui l'avait emporté, et le visage de van Aert sur les photos que l'on partage encore volontiers aujourd'hui en dit long.
"Nous nous poussons mutuellement à un niveau supérieur", souligne van Aert. Deux ans plus tard, le Belge a répliqué chez les moins de 23 ans. Dans la comparaison avec l'élite, van der Poel a maintenant une avance de 4:3. La relation entre les deux superstars des batailles de boue est marquée par un respect froid. On ne part pas forcément en vacances ensemble, mais on ne peut pas non plus se passer l'un de l'autre. Cela devrait être une fête particulière pour van Aert de remporter son quatrième titre de champion du monde de cyclocross sur un parcours tracé par le père de van der Poel.
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