Tout n'a pas déjà été dit sur le sujet Eddy Merckx ? Oui, mais pas encore par tout le monde. Cette expression quelque peu méprisante, avec laquelle on se plaint volontiers des réunions d'équipe et des tables rondes qui s'étendent, ne s'applique définitivement pas à une intervention précise : le nouveau livre sur Eddy Merckx, écrit par le journaliste français Guy Roger.
Ce livre reflète ce qui caractérise la manière française d'écrire sur le sport (cycliste), y compris dans des journaux comme L'Èquipe, pour lequel Roger a travaillé de nombreuses années : L'étude feuilletonesque, littéraire et parfois même romanesque des protagonistes de la discipline concernée. Pour cela, le cyclisme en particulier, dans son ambivalence, est une source d'inspiration qui ne tarit jamais : d'une part, une scène pour des héros rayonnants qui, d'autre part, ne peuvent guère gagner un bouquet sans l'aide de fidèles domesticateurs. Ici, le spectacle stratégique d'équipes soudées, marqué par des finesses tactiques, là, la bataille ouverte sur le terrain, homme contre homme.
Guy Roger puise profondément dans cette source d'histoire et d'histoires. Bien sûr, il suit les étapes connues de la carrière de Merckx : la première victoire au Tour de France, le scandale du dopage au Giro d'Italia en 1969, la rivalité légendaire de plusieurs années avec l'Espagnol Luis Ocaña, au caractère si différent, et bien d'autres. Mais il les associe à de nombreuses anecdotes de cette grande époque du cyclisme, il donne la parole à des compagnons de route, des coéquipiers et des témoins de l'époque. Tout cela forme un tableau aux multiples facettes que l'on prend plaisir à lire, car il révèle effectivement des choses nouvelles sur Eddy Merckx et est écrit de manière très divertissante. Un aperçu de la carrière de Merckx sous forme de mots-clés et de graphiques, une préface de Bernard Thévenet et une postface d'Eddy Merckx lui-même complètent l'ouvrage. Mention : à lire absolument.
Le 19 mars, un dimanche gris comme novembre - le lendemain de la victoire de Roger de Vlaeminck sur la "Primavera" - Merckx se présente au départ de l'Omloop van het Waasland, malgré tous ses problèmes, qui se répercutent aussi sur son moral. Il porte le dossard numéro quatre qui lui a été attribué. C'est la première fois que le glorieux Eddy Merckx participe à cette course. Sa présence honore la course, longtemps organisée par le dancing Ponderosa, avant que les professionnels ne soient également admis. Dans un reportage pour le magazine cycliste flamand Bahamontes, le journaliste Rik van Puymbroeck donne un aperçu de la comptabilité officielle : "Sur le montant total des primes de départ de 101.500 francs belges (2.516 euros), Monsieur Merckx reçoit une prime de 30.000 francs belges (745 euros)". Il fait froid ce jour-là, le pavé est rendu glissant par la pluie - un mauvais pavé, avec de grands espaces dans lesquels on se prend les pieds - et le vent belge promet une course en faveur des coureurs physiquement forts. La Mercedes de Merckx, conduite par son ami et soigneur Pierrot de Wit, est entourée à peine le moteur éteint. La ligne de départ et d'arrivée, sous les fenêtres de l'hôtel de ville, se trouve à une centaine de mètres et c'est un véritable combat que de s'y frayer un chemin. La place de l'église est trop petite pour la foule émue, hypnotisée par la présence de leur idole. Si seulement ils le pouvaient, 15 les gens lui baiseraient les mains et les pieds. José de Cauwer, un bon observateur qui court pour l'écurie TI-Raleigh avec le dossard 65 et qui fera encore parler de lui, est abasourdi : "Ceux qui le connaissent savent qu'il a dû se dire en voyant ce désordre : 'Qu'est-ce que je fais ici ?

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