Leon Weidner
· 08.04.2026
Le fait que Roglič ne soit pas prévu comme capitaine du Giro d'Italia ou du Tour de France apparaît d'abord comme un recul sportif pour de nombreux fans. Mais en réalité, le rapport de force dans le peloton change : des coureurs comme Tadej Pogačar ou Jonas Vingegaard dominent le calendrier avec une fréquence élevée et un niveau de pointe constant. Roglič, en revanche, choisit ses engagements de manière plus ciblée. Et c'est là que réside la nouvelle dynamique : moins de courses, des objectifs plus clairs, une préparation maximale. La concurrence au sein de l'équipe joue également un rôle évident dans la répartition des courses.
Au sein de Red Bull - Bora - hansgrohe, Roglič pourrait devenir un personnage hybride en 2026 : continuer à être le leader quand il le faut, tout en étant un mentor et un ancrage tactique pour les jeunes coureurs. Dans une restructuration d'équipe, ce n'est pas seulement la performance de pointe en montagne qui compte, mais aussi la stabilité en course, le calme dans les situations agitées et le fait de savoir quand économiser ses forces. Ce type de valeur ne se mesure pas en nombre de watts, mais c'est souvent ce qui détermine si une équipe agit de manière unie au moment décisif.
La partie la plus frappante de la planification de la saison est le trou dans le calendrier : après le Tour du Pays basque et le Tour de Romandie, Roglič ne disputera plus aucune course avant la Vuelta a España. Une planification avec un point culminant central. Cette approche semble courageuse, surtout parce que les courses modernes sont souvent conçues pour une visibilité constante et une production permanente de résultats. Mais Roglič est un coureur qui ne doit pas nécessairement chercher la forme à travers les jours de course. Il peut construire sa performance grâce à l'entraînement, gérer l'effort avec précision et programmer son niveau pour qu'il soit le plus élevé à la fin de l'été. L'équipe est un soutien important. Une telle planification des courses doit bien sûr être rendue possible.
La Vuelta est donc au centre de l'attention. Peu de coureurs sont aussi étroitement liés à cette course que Roglič. Elle réunit traditionnellement de nombreux éléments qui lui conviennent : des montées courtes et raides, des démarrages explosifs, des étapes tactiquement complexes et la pression qui récompense la force mentale. La Vuelta est en outre le Grand Tour qui laisse le plus de place aux surprises. Alors que le Tour de France est de plus en plus contrôlé par un petit groupe de coureurs dominants, l'Espagne voit plus souvent apparaître des constellations dans lesquelles d'autres aspects que la performance comptent. En tant que quadruple vainqueur du Tour d'Espagne, le Slovène devrait viser une marque très particulière : Seul recordman de victoires avec cinq titres.
Pour Roglič, cela pourrait être la constellation parfaite : moins de courses, des objectifs plus clairs, une préparation maximale pour un seul point culminant. Au lieu de s'épuiser au printemps et en été, il construit sa saison en douceur, avec la Vuelta comme élément central. De ce point de vue, Roglič ne se retire pas en 2026. Il se réinvente : non plus comme un favori omniprésent, mais comme un spécialiste avec une mission claire. Et c'est peut-être là que réside sa plus grande chance de se retrouver une nouvelle fois au sommet.
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