TOUR
· 18.07.2025
Concrètement, les cyclistes ne devraient plus emprunter cette route panoramique située dans les Alpes autrichiennes que tôt le matin et à partir de 15 heures l'après-midi. La campagne lancée par la société d'exploitation Grohag est justifiée par les responsables par des préoccupations de sécurité, étant donné qu'actuellement, environ 80 pour cent des quelque 25.000 cyclistes annuels circulent aux heures de pointe. En comparaison, la route accueille chaque année près d'un million de visiteurs et environ 280.000 véhicules motorisés tels que des voitures, des motos et des bus. La route alpine du Grossglockner, qui serpente sur 48 kilomètres à travers un paysage alpin impressionnant, n'est pas seulement appréciée des automobilistes, mais est également devenue ces dernières années une Mecque pour les cyclistes ambitieux. Le Fuscher-Törl, l'un des points culminants du parcours, est considéré comme une destination convoitée par de nombreux cyclistes passionnés de sport. La limitation prévue de la circulation cycliste aux heures creuses de la journée constitue désormais une entaille dans cette culture cycliste qui s'est développée.
Les exploitants de la Haute Route des Alpes considèrent que l'augmentation du trafic cycliste aux heures de pointe représente un risque considérable pour la sécurité. "Idéalement, la montée devrait se faire tôt le matin entre 6 et 7 heures - au plus tard jusqu'à 8 heures - ou alternativement à partir de 15 heures l'après-midi", recommande Johannes Hörl, directeur de Grohag. Selon un communiqué de presse, le trafic est nettement moins dense à ces heures-là, ce qui augmente la sécurité et intensifie l'expérience de la nature. La campagne vise à fluidifier le trafic et à minimiser les conflits potentiels entre les véhicules motorisés et les cyclistes. Les gestionnaires de la route affirment que la route sinueuse atteint ses limites de capacité, en particulier pendant les mois d'été. Selon eux, la combinaison de cyclistes plus lents et de véhicules motorisés plus rapides entraîne des manœuvres de dépassement dangereuses et augmente le risque d'accident. En déplaçant le trafic cycliste vers des heures où la circulation est moins dense, les responsables espèrent augmenter la sécurité pour tous les usagers de la route. Selon la société d'exploitation, les vélos sont impliqués dans un tiers des accidents. Selon le quotidien autrichien "Der Standard", 13 accidents corporels impliquant uniquement des véhicules à moteur ont eu lieu sur la Glocknerstraße en 2023.
La campagne de la route alpine du Grossglockner se heurte déjà à une résistance considérable de la part du lobby cycliste et des organisations de protection de l'environnement. Les critiques voient dans cette mesure une discrimination injustifiée des cyclistes et craignent des répercussions négatives sur le cyclotourisme dans la région. La campagne de la Hochalpenstraßen AG est critiquée par les Verts. Au lieu de marginaliser les cyclotouristes, il faudrait les soutenir : "Cela réduit le trafic automobile, protège la nature et soulage les riverains du bruit et des gaz d'échappement", déclare Martina Berthold, membre du club du parlement régional, dans le quotidien Der Standard. Elle propose une journée sans voiture par mois sur la route alpine du Grossglockner : "Lors de cette journée sans voiture, tous les cyclistes pourraient traverser le parc national des Hohe Tauern en toute sécurité et sans être dérangés. En même temps, cette offre détend le trafic les autres jours".
Harald Gaukel, président du lobby cycliste de Salzbourg, critique la campagne parce qu'elle ne s'adresse qu'aux cyclistes et non à tous les groupes d'usagers, rapporte encore le "Der Standard" : "On peut s'attendre à ce qu'un exploitant de route à péage désigne les cyclistes comme le problème sans faire également appel à la considération des motorisés. Mais je sais par expérience que le danger vient généralement des voitures et des motos qui ne peuvent pas attendre d'avoir suffisamment de visibilité et d'espace pour dépasser". La légende de l'entraînement Gunnar Prokop (handball et athlétisme), âgé de 85 ans, s'indigne également dans un article du Kronen-Zeitung : "Nous, les cyclistes, ne sommes plus que discriminés" et annonce dans la foulée qu'il empruntera "à nouveau cette année" la Glocknerstraße à vélo.
La restriction prévue du trafic cycliste pourrait également avoir des répercussions sur le tourisme dans la région. La route alpine du Grossglockner n'est pas seulement un axe de transport important, mais aussi un facteur économique majeur pour les communes environnantes. Les critiques craignent que les restrictions imposées aux cyclistes n'entraînent un recul du cyclotourisme, ce qui aurait à son tour des conséquences négatives pour l'économie locale. Comme alternative aux créneaux horaires prévus, les associations cyclistes et les organisations environnementales proposent différentes mesures. Il s'agit notamment de l'aménagement de pistes cyclables, de la limitation de la vitesse des véhicules motorisés ou de l'instauration de journées sans voiture. Ces propositions visent à ralentir et à sécuriser le trafic sur la route des Hautes-Alpes, sans exclure certains usagers de la route. Le débat sur l'avenir du trafic cycliste sur la route alpine du Grossglockner illustre le conflit entre les différentes formes de mobilité dans l'espace alpin. Il reste à voir comment les exploitants réagiront aux critiques et si des solutions alternatives seront envisagées, qui tiennent compte à la fois des aspects de sécurité et des besoins de tous les usagers de la route.